Qu’est-ce que l’agrivoltaisme ?

La notion d’agrivoltaïsme se réfère à la synergie entre une production agricole prioritaire et d’une production d’énergie photovoltaïque, coexistant sur une même emprise foncière. La parcelle conserve ainsi sa vocation nourricière.

La règlementation définit l’agrivoltaïsme comme :


« 
Une installation agrivoltaïque est une installation de production d’électricité utilisant l’énergie radiative du soleil et dont les modules sont situés sur une parcelle agricole où ils contribuent durablement à l’installation, au maintien ou au développement d’une production agricole ». 

« Est considérée comme agrivoltaïque une installation qui apporte directement à la parcelle agricole au moins l’un des services suivants, en garantissant à un agriculteur actif ou à une exploitation agricole […] une production agricole significative et un revenu durable en étant issu. »

Le Projet :

Verso Energy porte un projet agrivoltaïque expérimental sur une parcelle mise a disposition par Pierre Gouttenoire pour conduire différents essais sur la commune d’Amplepuis depuis 2024 un projet agrivoltaïque expérimental sur la commune d’Amplepuis.
Ce site pilote a pour objectif d’analyser les synergies existantes entre une production agricole et une production d’énergie photovoltaïque. Il sera implanté pour une durée de 7 ans.

La zone d’implantation

Ce projet expérimental se situe sur la commune d’Amplepuis au-dessus du lieu-dit La Berchautière, sur une parcelle de 4 hectares exploitée par l’exploitation agricole de Pierre Gouttenoire. C’est une exploitation en polyculture-élevage bovin viande de race limousine, en système naisseur-engraisseur, avec vente de la viande en circuit local. Ces 4ha sont en prairies permanentes, utilisées pour la fauche et le pâturage tournant pour un troupeau bovin.   

Le projet agrivoltaïque expérimental

Le choix de la technologie employée sur ce site s’est porté sur des trackers solaires, correspondant à des ombrières hautes pilotables permettant le pâturage et la fauche avec un minimum de contraintes. Les modalités sont présentées dans le plan de coupe ci-dessous. Ces trackers présente l’avantage d’être pilotables en fonction des besoins :

  • de lumière pour la plante
  • de mécanisation pour les travaux de fauche notamment
  • de hauteur minimale lors de la présence des animaux.

Ainsi, la production agricole reste bien prioritaire sur la parcelle et les modules photovoltaïques sont pilotés pour apporter un service à cette production. L’objet de ce projet expérimental est d’observer quelles sont les modalités de pilotage apportant le plus de bénéfice à la production agricole. 

Pour mener à bien cette expérimentation, une zone témoin sans modules photovoltaïques est prévue. Le suivi expérimental sera effectué par des organismes tiers spécialisés (par exemple Chambre d’agriculture, Institut de l’élevage,…) sur les thématiques suivantes :

  • Suivi des conditions microclimatiques sous panneaux et de la zone témoin
  • Suivi du système prairial : suivi croissance et biomasse et analyse floristique
  • Suivi du troupeau : étude comportemental, productivité, croissance

Chiffres clés

qui conservent leur vocation nourricière

0 ha
de surface
d’implantation :
0 ha
de puissance, soit la consommation de 500 ménages
0 KWC

Relever le défi de la souveraineté alimentaire en même temps que de contribuer à la transition énergétique pour notre planète est pour moi un challenge.

Mon objectif est aussi de permettre à l’agriculture et a nos territoires de profiter de l’opportunité énergétique et du partage de valeur. C’est pour moi une des solutions pour adapter l’agriculture au changement climatique.

Nous allons tester différents pilotages pour mesurer les effets des ombrières sur la croissance du végétal. L’ombre apporté sera également bénéfique pour réduire le stress thermique des animaux. L’agrivoltaïsme permet de conserver la nature productive des terres tout en apportant un revenu complémentaire qui permettra l’installation et la pérennisation de fermes.

Vos questions : 

Les réponses apportées sont notamment en lien avec la loi d’Accélération de la Production des Energies Renouvelables du 10 mars 2023, son décret et son arrêté d’application.
Ce site internet vous donne accès à des compléments d’information en lien avec les réponses apportées ci-dessous.

Ce projet est à visée expérimentale depuis les prémices de sa conception et se penchera sur toutes les étapes du développement de ce genre de projet. Le comportement des cultures et des animaux sous système agrivoltaïque nécessite des études approfondies. Il est donc important d’expérimenter pour conforter les théories et premiers retours d’expériences, que celles-ci soient en faveur ou contre ce type de projet.

Techniquement, ce projet est de taille volontairement réduite, 1MWc/2ha, lorsqu’un projet « classique » tourne plutôt autour de 10 à 20MWc/20 à 40ha. Mais est de taille suffisante pour être scientifiquement pertinent en expérimentation.

L’agrivoltaïsme est une des solutions qui permettra d’effectuer la transition écologique de notre consommation d’énergie. C’est une énergie bas carbone et dont les matériaux sont répandus, facile à extraire, et très largement recyclable (voir question dédiée dans la FAQ).

L’agrivoltaïsme est conçu pour avoir une empreinte minimale sur l’environnement. Avec notamment une réversibilité obligatoire (loi APER). De nombreuses études environnementales sont également demandés.

Pour Amplepuis, des études environnementales simplifiées ont été menées. Elle ne montre pas d’impacts floristiques ou faunistiques.

Les projets d’énergie nécessitent des zones techniques et des aménagements de sécurité (pistes pompiers) qui sont l’essentiel des pertes par artificialisation. Pour Amplepuis 500 m² sur 2 ha sous panneaux, soit une perte de 2.5%, bien inférieure à l’autorisation légale de 10%. 

A noter qu’il s’agit d’un projet expérimental de taille réduite. Sur un projet plus classique la proportion de perte par artificialisation sera plus faible.

L’ensemble de l’installation photovoltaïque est, elle, totalement réversible avec notamment l’absence totale de béton pour l’emprise au sol. Après exploitation et démantèlement de la centrale une remise en état de la prairie sera nécessaire et est prévue (y.c. après travaux d’installation).

Il est probable qu’à l’échelle nationale plusieurs centaines de centrales agrivoltaïques puissent voir le jour.  La complexité de mise en œuvre, la surface nécessaire et les caractéristiques de ces surfaces, le paysage, le raccordement, la cohérence territoriale, … sont autant de critères qui permettront de sélectionner les meilleurs projets. 

Dans les secteurs ruraux, le faible potentiel de projet (problématique réseau, géographie, enjeux paysagers…) va rapidement limiter la spéculation. Sur les zones plus densément peuplée, proche de l’aire urbaine de Lyon par exemple, la spéculation foncière liée à l’urbanisation restera plus forte que ce que pourrait entrainer le photovoltaïque

En valeur absolue, les zones artificialisées permettent effectivement d’atteindre les objectifs. 

En termes de faisabilité, équiper ces zones artificialisées demande d’importants investissements (reprise du réseau électrique, renforcement de charpente, remplacement de toiture, …) qui influeront sur le prix de l’énergie pour le consommateur et/ou sur les moyens de l’Etat au travers des politiques d’aide. Et une importante animation au vu du nombre conséquent de porteur de projet à convaincre.

Les grands projets photovoltaïques devraient également permettre d’atteindre plus rapidement nos objectifs. Leur caractère réversible est primordial dans l’éventualité où leur présence ne serait plus nécessaire à l’avenir. 

L’agriculteur porteur du projet d’Amplepuis à part ailleurs déjà couvert l’intégralité de ses toitures professionnelles avec du photovoltaïque. 

Les projets agrivoltaïques font l’objet d’études paysagères qui permettent de déterminer les zones de moindre impact paysagers et d’accompagner l’intégration de ces projets dans le paysage.

Cette intégration se traduit notamment par la présence de haie haute, tel que sur le projet d’Amplepuis où la plantation de 410ml de nouvelle et renforcement de haie est en cours de finalisation.

La présence du photovoltaïque nécessite une adaptation des pratiques agricoles, notamment en termes de mécanisation. Ces projets sont donc le fruit d’une collaboration étroite entre énergéticiens et agriculteurs afin d’élaborer des installations les plus adaptées aux pratiques et besoins des exploitants. C’est la clef s’assurer d’une production significative au sein de ces parcs agrivoltaïques.

Cette demande est expressément formulée dans la loi, et devra être vérifié tout au long de la vie du projet par des bureaux d’étude indépendant du projet (loi APER). 

Une tolérance de perte de rendement de 10% est présente dans la loi. Les autres avantages potentiels de l’agrivoltaïsme (sécurisation face aux aléas fort, amélioration des conditions de travail, …) sont des externalités non liées au rendement qui pourront toutefois avoir une valeur pour l’agriculture de demain.

Verso Energy prévoit pour tous ses projets agrivoltaïques une répartition à 50/50 de la valeur entre propriétaires et exploitation agricole, et cela même quand l’exploitant est propriétaire des terrains. 

Oui, ils sont recyclés en France. On considère aujourd’hui que 95 % des matériaux d’un panneau solaire sont recyclables. La réglementation est stricte quant au démantèlement et au recyclage, qui incombe à Verso Energy : une éco-taxe, payée au moment de l’achat des modules, est prévue pour assurer leur prise en charge en fin de vie. En France, c’est l’organisme SOREN qui prend en charge le recyclage des panneaux.

Non dans le concept de l’agrivoltaisme la place de l’exploitant est prépondérante et primordiale. L’activité agricole reste prioritaire et la perte de rendement ne peut pas dépasser 10% de l’activité avant l’installation du système agrivoltaïque 
S’il n’y a pas où plus d’exploitant, l’installation doit être démantelé 18 mois après.

Les échanges avec
les acteurs du territoire

Ce projet expérimental a fait l’objet de plusieurs échanges avec les acteurs du territoire : Rencontre avec la Communauté de communes, la Chambre d’agriculture, le Syndicat Mixte de Beaujolais (SMB)​, la DDT du Rhône, le SCoT Beaujolais, le Comité SMB Beaujolais​, la DREAL Rhône

Les études liées au projet

Le projet d’agrivoltaïsme pilote d’Amplepuis a fait l’objet d’une évaluation rigoureuse afin d’assurer sa conformité aux exigences environnementales. Le pré-diagnostic environnemental a permis d’identifier les principaux enjeux liés à la biodiversité et à l’intégration paysagère, garantissant ainsi une conception respectueuse du territoire.

L’examen au cas par cas, réalisé par la préfecture de la DREAL AURA, a conclu que le projet ne nécessitait pas d’évaluation environnementale approfondie, considérant l’absence d’incidences notables sur l’environnement au vu des mesures mises en œuvre :

  • Renforcement et plantation de haies : déjà 410 mètres linéaires plantés !
  • Création de 2 mares

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